Hier soir, j'ai invité les gars à la maison pour une petite séance vidéo. Ma femme avait préparé à manger. Des tagliatelles à la seiche, vous savez, les pâtes toutes noires. Vous, vous savez. Bernard non. Quand il a vu le plat, il est venu me voir discrètement. "Coach, pourquoi votre femme, elle a fait à manger des lacets ?". Edouard, il a tout entendu et il a balancé une vanne terrible: "Ben toi en tout cas en ce moment, mon Ber, tu peux en manger des lacets. Et tu peux même te resservir. Ca t'éviteras peut-être d'avoir un coup de pompe !". Lacets, pompe...je dois avoir que même moi j'ai pas compris tout de suite. Bernard, il l'a mal pris et il a dit à Doudou: "Espèce de batard !". Et Edouard, il a remis une couche: "Espèce de Bata plutôt, rapport au coup de pompe !". Tout le monde a ri. Sauf Jérôme le coiffeur. Lui il fait la gueule depuis le match du Mans. Ca pouvait plus durer, je suis allé le voir: "Jérôme, pourquoi tu boudes ? C'est parce que je t'ai sorti samedi ?". "Non, coach, c'est parce que j'ai un épi rebelle ! Ca me saoûle, j'arrive pas à le rabattre...". J'étais pas convaincu. Alors j'en ai remis une couche. "Et pour le match...t'es sûr que tu m'en veux pas de t'avoir sorti ?". "Ben non, vous êtes déjà gentil de m'avoir fait rentrer...". Là je me suis jeté, un peu comme Fiorèse dans une surface de réparation. "Allez, Jérôme, dis-le...c'est quoi qui va pas ?". Là Jérôme, il a éclaté en sanglots. "Coach, je veux quitter le PSG. Je rêve d'aller jouer...aux Emirats Arabes !". J'étais sur le cul. "Aux Emirats Arabes ? Mais attends, Jérôme, t'as pas plus de 35 ans, plus de cheveux et plus de jambes comme Franck Leboeuf !". "Je sais, coach, mais les Emirats Arabes, c'est le pays de rêve pour mes cheveux ! Là-bas, il paraît qu'il y a des puits de Petrole Hahn ! Et même que les émirs roulent sur l'Oréal !". Là j'ai compris: "C'est Edouard qui t'a dit ça ?". "Ben oui. Comment vous savez ?". "Disons que son sens de l'humour est plus reconnaissable que son sens du jeu...". Jérôme, il chialait de plus belle. Je lui ai dit: "Arrête de pleurer, Jérôme, ou tu vas friser avec l'humidité". Ca a été radical. Il a stoppé net. On a pu passer à la séance vidéo. "Les gars, ce soir, tous ensemble, on est réuni pour regarder un film de science-fiction". Là mon Sylvain, il était comme un fou...il faisait la même tête que quand il court...vous savez avec sa mâchoire qui va de gauche à droite puis de droite à gauche...ça le geste technique qu'il maîtrise le plus Sylvain, c'est le passement de dents. Et donc Sylvain, il me dit: "C'est quoi le film ? Alien ? Star Trek ? La Guerre des Etoiles de France Football ?". "Non, les gars, un match de la Ligue des Champions...et ça aux dernières nouvelles pour vous, c'est de la science-fiction !". Et là mon Bernard, il s'approche de moi et il me dit: "Coach, je crois que ce serait mieux de préparer le match de samedi à Nantes...tenez". Et là il me tend un DVD. "Bernard, c'est quoi ça ?". "Ben coach, moi on m'a dit qu'on allait jouer contre les Canaris alors j'ai amené les aventures de Titi...C'est cool, Titi...zé cru voir un Rominet !". Moi j'ai cru voir un Rominable. Correction. Je l'ai vraiment vu...
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Dimanche soir, on jouait à Lille, un concurrent direct pour notre objectif de fin de saison: l'Intertoto. Oui je sais, devant la presse, on parle tous de la Ligue des Champions. Mais c'est de l'intox. Vous avez vu le niveau de l'équipe ? La Ligue, c'est mort. Les Champions, à la rigueur, surtout qu'il en ont ouvert un nouveau pas loin du Camp des Loges. Je le sais parce que l'autre jour, Bernard est revenu à l'entraînement avec un chariot qu'il leur a piqué sur le parking. Jérôme l'a intercepté: "Hé mon Ber, qu'est-ce tu fous avec ça ?". Là Bernard, il a répondu à Jérôme: "Ben c'est un cadeau pour toi. Comme tu joues au golf, j'avais envie de t'offrir un caddie". Là Jérôme, il a éclaté de rire: "Fort, la vanne, mon Ber ! On dirait une de Edouard mais en plus drôle". Bernard il l'a regardé comme il m'a regardé dimanche avant le match quand je l'ai briefé. Ma tactique, c'était de le faire entrer à la 80ème minute. Comme ça j'étais sûr qu'au moins pendant 80 minutes, il ferait pas de conneries. Bon donc je lui dis: "Bernard, tu commences le match sur le banc". Et là il me dit: "Ok coach mais côté gauche ou côté droit ?". Là j'ai compris que de la 80ème à la 90ème, on serait en très grand danger. Du coup, dès que Bernard est rentré, j'ai dit aux gars: "Surtout, on saute le milieu !!!". Modeste, il a pas bien compris. Il est venu discrètement prêt du banc de touche. "Coach, je veux bien sauter le milieu mais on peut pas attendre d'être sous la douche ? Ces trucs-là, c'est mieux que ça sorte pas du vestiaire...". Ah ce moment-là, j'ai compris un truc: Bernard a une influence énorme sur le groupe. Et surtout sur son mental. Pour en revenir au match de Lille, mine de rien, on n'a pas perdu et c'est déjà une victoire. Surtout que Lille, j'avais prévenu les gars: "Attention, Lille, c'est notre bête noire !". Et là Edouard, il a dit: "D'accord mais on n'a pas peur...parce que nous aussi on a notre bête noire !". Personne n'a compris là où il venait en venir. Même pas Vikash qui est pourtant l'intello du groupe puisqu'il a lu à lui tout seul plus de livres que tout le reste de l'équipe. Environ 2. Il est sympa, Vikash. Comme David, mon Tchèque en bois, il comprend pas bien le français, Vikash, il lui a prêté un de ses